Cours de yoga Iyengar à Paris 14ème

Utilisation du matériel en yoga Iyengar dans nos ateliers de yoga Paris 14 ème
Cours avec supports aux ateliers de yoga Paris 14

Le célèbre violoniste Yehudi Menuhin a étudié le yoga durant de nombreses années avec BKS Iyengar. Voici sa préface à « Yoga DIpika », le livre de référence du yoga Iyengar écrit par son fondateur.

Préface de Yehudi Menuhin au livre de BKS Iyengar « Yoga Dipika »

« La pratique du yoga développe un sens fondamental de la mesure et des proportions. Elle nous ramène à notre propre corps, notre premier instrument, et nous apprenons à en jouer, à en tirer le maximum de résonance et d’harmonie. Avec une patience sans limites nous affinons et animons chaque cellule lors du combat de chaque jour, débridant et libérant des capacités qui, sinon, seraient condamnées à la frustration et à la mort.

Chaque portion inanimée de tissu ou de nerf, de cerveau ou de poumon est un défi à notre volonté et à notre intégrité, ou alors un germe de frustration et de mort. Quiconque a eu le privilège de recevoir l’enseignement de M. Iyengar, ou d’être le témoin de la précision, du raffinement et de la beauté de son art est introduit dans cette vision de perfection et d’innocence de l’homme, tel qu’il fut créé au jardin de l’Éden : désarmé, sans honte, fils de Dieu et maître de la création. L’arbre de la connaissance donne, il est vrai, de nombreux fruits de toutes sortes, doux, vénéneux, amers ou délicieux selon l’usage que nous faisons de cette connaissance. Mais n’est-il pas pour nous plus impératif que jamais de cultiver l’arbre et de nourrir ses racines ? De plus, le danger est très grand que cette connaissance soit appliquée par certains, mal à l’aise avec eux-mêmes, à manier les gens et les choses plutôt qu’à se perfectionner.

La pratique du yoga au cours des quinze dernières années m’a convaincu qu’à la plupart de nos attitudes fondamentales envers la vie correspondent des expressions physiques de notre corps. Ainsi le sens de la comparaison et de la critique se développe en cherchant à aligner le côté droit et le côté gauche à un degré de précision tel qu’un ajustement encore meilleur est toujours possible ; la formation de la volonté commence par l’étirement du corps tout entier des orteils au sommet de la tête, en défi à la pesanteur. L’élan et l’ambition peuvent être découverts par la sensation du poids et de la vitesse que donne le libre balancement des membres, tandis que l’aplomb sera acquis par le contrôle de l’équilibre prolongé sur un pied, les deux pieds ou les mains. La ténacité s’obtient en gardant les différentes postures de yoga, en étirement maximum pendant de longues minutes, et la sérénité vient en s’exerçant à respirer de façon calme et régulière en ouvrant au maximum la cage thoracique. L’harmonie et le sens de l’universel viennent avec la prise de conscience de l’alternance inéluctable de l’activité et de la passivité en rythmes éternels dont chaque inspiration et chaque expiration forment un cycle parmi les innombrables myriades d’ondes ou de vibrations qui constituent l’univers.

Quelle est l’alternative ? Des caractères faussés, aigris par l’échec, condamnant l’ordre des choses, des bossus critiquant la rectitude, des autocrates effondrés sous la menace d’accidents coronaires, le tragique spectacle d’hommes transmettant aux autres leur propre déséquilibre et leurs frustrations.

Le yoga, tel qu’il est vécu par M. Iyengar, est le don mystique d’un homme qui se présente lui-même devant l’autel, seul et pur de corps et d’esprit, concentré dans son attention et sa volonté, offant avec simplicité et innocence, non pas un holocauste, mais simplement lui-même au plus haut de sa réalisation.

C’est une technique idéale pour revenir les maladies physiques et mentales et protéger le corps en général) en développant une sensation inebranlable d’assurance et de sûreté de soi. Par sa nature même, il est inextricablement lié aux lois universelles ; car le respect de la vie, la vérité et la patience sont autant d’éléments indispensables pour permettre une respiration calme dans la paix de l’esprit et la fermeté de la volonté.

C’est en cela que résident les vertus morales inhérentes au yoga. Pour ces raisons, il demande un effort total, mettant en jeu et façonnant l’être humain tout entier. Aucune répétition

mécanique n’intervient, ni paroles vaines comme dans le cas des bonnes résolutions et des prières formelles. Par sa nature même, il est à chaque instant un acte vivant.

Nombreux seront, je l’espère, ceux qui, à la lecture du livre Yoga Dipika de M. Iyengar, suivront son exemple et deviendront les guides dont l’humanité a cruellement besoin. Si ce livre sert à répandre cet art fondamental et fait en sorte qu’il soit pratiqué à son plus haut niveau, je me sentirai plus que jamais reconnaissant d’avoir participé à sa présentation. »

YEHUDI MENUHIN.

BKS Iyengar enseignant une torsion à Yehudi Menuhin

(Rédaction Pascal Piwnica / Ateliers de yoga Paris 14ème)